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8 août 2011

La promotion sortie en 1979 de l’ENA porte le nom de Michel de l’Hospital. Ce personnage du 16ème siècle eut un parcours politique enviable puisqu’il fut chancelier de France. Ce n’est pas le cas des anciens de cette promotion. Les meilleurs ont choisi d’avoir une carrière de financier. Seul Jean-Louis Bourlanges dénote dans cet univers.

Dans la famille des anciens de l’ENA devenus financiers, Dominique Bazy occupe une jolie place. Son parcours est fait d’allers retours dans des banques et des compagnies d’assurance renommées. Passé par l’UAP où il occupe divers postes à responsabilité, il fait un passage éclair au Crédit Lyonnais l’année où arrive Jean Peyrelevade (1993). Après un retour rapide à l’UAP, Dominique Bazy devient président de la compagnie d’assurance Allianz pour la France. Entré chez UBS, il prend les commandes de la banque suisse en France. Après quelques années supplémentaires au sein de l’établissement et deux nouveaux postes, Dominique Bazy crée sa propre structure en 2009, Barber Hauler Advisers. Son premier mandat lui est confié par la SNCF, dont le P-dg, Guillaume Pépy, a fait l’ENA en 1984. Dominique Bazy est marié à Claire Bazy-Malaurie, qui a fait l’ENA en 1980.

Toujours dans la catégorie des financiers, Denis Duverne occupe une place de choix. Le directeur financier d’Axa a fait l’ENA un an avant Henri de Castries. Comme son mentor, il a fait HEC avant de rejoindre la rue de l’Université. Denis Duverne a commencé sa carrière à la direction générale des impôts. Lors de son passage dans le privé, il choisit la difficulté en s’occupant notamment de la Banque Colbert, une structure apparentée au Crédit Lyonnais. Entré en 1995 chez Axa, il occupe différents postes à responsabilité avant de devenir en 2003 à la fois membre du directoire et directeur général en charge des finances, du contrôle et de la stratégie.

Passons maintenant à Charles-Henri Filippi. Après son passage réussi à la tête du CCF, devenu HSBC France, Charles-Henri Filippi a poursuivi sa carrière de belle manière. Il est devenu conseiller senior pour CVC Capital Partners en 2008. Puis, sa société Alfina a fusionné avec Weinberg Capital Partners, dont il est devenu associé. En 2011, Charles-Henri Filippi est aussi administrateur de quelques sociétés comme France Télécom et L’Oréal. Il est également président de l’association regroupant les amis et mécènes de l’Opéra Comique depuis 2007.

De son côté, Philippe Villin fait partie de ces financiers qui ont réussi, avec succès, à créer leur propre structure de conseil en fusions-acquisitions. Il a à son actif de belles opérations, menées en partenariat avec les plus grandes banques d’affaires. Il a notamment conseillé GDF dans son rapprochement avec Suez. Deux sociétés présidées à l’époque par des énarques, Jean-François Cirelli (ENA 1985) et Gérard Mestrallet (ENA 1978). Il était à la maneouvre derrière le rachat d’Yves Saint Laurent Beauté par L’Oréal. Il a aussi conseillé Robert Zolade, lorsque ce dernier a décidé de sortir Elior de la Bourse en 2006.

Fini, la gestion d’un énorme groupe. Alors, soulagés ? Oui, répondent ces anciens dirigeants qui s’épanouissent en petits commerçants au pas de leur «boutique».

Dominique Bazy, ancien PDG d’UBS France : «Une façon plus enrichissante de travailler»

«Heureux ? Bien sûr !» reconnaît en souriant le président fondateur de Barber Hauler Capital Advisers, une boutique de conseil créée début septembre avec son associé Pascal Hervé. «L’avantage d’une petite structure ? Pouvoir consacrer son temps à réfléchir aux problèmes des clients. Une façon beaucoup plus agréable et enrichissante de travailler», assure-t-il, soulagé de ne plus avoir à gérer une grande maison.

L’ex-bras droit de Jean Peyrelevade au Crédit Lyonnais occupait en effet depuis dix ans les fonctions de patron des activités France et de vice-président d’UBS Investment Bank Europe. Les restructurations de la banque suisse sévèrement touchée par la crise lui ont donné, à 56 ans, l’opportunité de changer de vie. Il n’a pas hésité, déclinant même la proposition de rejoindre la banque Leonardo. L’équipe de Dominique Bazy compte désormais six associés et croule sous les mandats.

Certains gérants et banquiers d’affaires créent leur boutique en solo, d’autres s’allient à des actionnaires extérieurs.

L’activité réduite sur le marché des fusions-acquisitions (F&A) n’a pas eu raison de son désir d’émancipation. A 58 ans, Dominique Bazy a quitté cet été son poste de vice-président de la banque d’investissement d’UBS en Europe pour lancer Barber Hauler Capital Advisers avec Pascal Hervé, un trentenaire pur produit de la banque suisse. A la barre d’une boutique qui emprunte son nom au vocabulaire de la marine et ses initiales à ses fondateurs, les deux hommes s’appuient sur leur carnet d’adresses… et sur le cabinet Ricol Lasteyrie qui met temporairement un bureau à leur disposition.

Pour eux, cette structure légère est la clé de leur stratégie. « Nous n’avons pas à composer avec un centre de décisions extérieur mais à collaborer ensemble, ce que nous avons déjà fait pendant dix ans chez UBS », se réjouit Dominique Bazy. « La structure que nous mettons en place nous permet, de façon conjoncturelle, d’être à la fois plus souples et plus réactifs vis-à-vis de nos clients et, de façon structurelle, plus libres dans la génération d’idées », indique Pascal Hervé. Au lieu de se lancer à deux, ils auraient pu entrer dans le giron de Gruppo Banca Leonardo, avec qui ils ont été en discussion.

Mais c’est finalement Patrick Maurel, associé-gérant chez Aforge Finance, qui rejoindra la banque italienne le 1er novembre. Quitte-t-il une maison indépendante pour le département F&A d’une banque ? En réalité, les fondateurs d’Aforge ont cédé l’an dernier 50 % de leur maison à la banque belge Degroof, et Patrick Maurel ne sera pas un simple collaborateur de Banca Leonardo mais actionnaire, au côté de la banque et de six de ses collaborateurs, d’une nouvelle structure de conseil. Spécialisée dans les entreprises de taille moyenne, elle opérera sous la marque Leonardo et complétera l’offre grande entreprise proposée par Jean-Baptiste Toulouse… qui avait vendu sa propre boutique à la banque italienne en 2006.

Gain de parts de marché. « Il est possible de se lancer à deux ou trois dans ce métier, mais je préférais trouver un partenaire avec qui partager un réseau de contacts, une assise internationale et des compétences multidisciplinaires complémentaires dans la restructuration ou l’expertise sectorielle », explique Patrick Maurel. Sa démarche fait écho à celle de Dominik Belloin. L’ex-patron d’Oddo Corporate Finance vient de créer Kepler Corporate Finance avec le courtier indépendant Kepler. « Je me sens davantage impliqué car je deviens associé d’une structure dédiée au seul conseil, alors qu’auparavant, je ne pouvais être actionnaire que d’Oddo & Cie, c’est-à-dire de l’ensemble du groupe », confie-t-il.

Ce type d’alliance diffère de la démarche des ex-UBS, mais la recherche d’une plus grande indépendance constitue leur dénominateur commun. Ce désir d’émancipation s’observe aussi bien dans le monde de la banque d’affaires que de la gestion d’actifs. Le nombre de nouvelles sociétés de gestion créées par des entrepreneurs n’a cessé de croître ces dernières années (voir le tableau page 26). S’il est plus difficile de quantifier les boutiques de conseil en F&A, leur place n’est pas négligeable. Elles s’arrogent depuis le début de l’année 21,9 % des parts de marché en Europe, selon Freeman Consulting et Thomson Reuters. C’est un peu moins que l’an dernier (26 %), mais en France, les boutiques devancent désormais les banques sur les transactions inférieures à 500 millions de dollars.

Loin d’égaler encore Lazard et Rothschild dans le conseil, ou Carmignac Gestion dans la gestion d’actifs, certaines boutiques de création récente affichent néanmoins d’honorables performances. Mandarine Gestion, fondée par Marc Renaud, ancien gérant emblématique de CCR Actions, revendique au bout de dix-huit mois d’existence plus de 700 millions d’euros d’encours sous gestion. Dans le même temps, certaines maisons ont dû renoncer à leur indépendance, comme Tocqueville Finance rachetée par La Banque Postale. « Même si l’échec n’est pas exclu dans le contexte économique actuel, il existe des opportunités objectives, constate Pierre-Ignace Bernard, directeur associé senior chez McKinsey& Company.

Certains talents peuvent être tentés de devenir entrepreneurs car leur groupe a réduit la voilure dans leur activité et/ou encadre plus fortement les rémunérations. Dans la gestion collective, les boutiques peuvent bénéficier du plus fort taux de rotation des gestionnaires des institutionnels européens, et du retour des produits de long terme, après la focalisation sur le monétaire sécurisé. »

Quant aux boutiques de F&A, elles mettent en avant l’indépendance de leurs activités de conseil, qui ne sont pas conditionnées à une opération de financement comme dans certaines grandes banques. Pour autant, chaque parcours reste unique et lié aux compétences et relations interpersonnelles des associés. La pérennité d’une boutique dépend aussi de ses moyens. Pour le conseil en fusions-acquisitions, aucun minimum n’est requis. En revanche, pour être agréées, les sociétés de gestion doivent rassembler un capital d’au moins 125.000 euros – de fait largement dépassé – et trouver des partenaires logistiques.

Incubation : une étape fréquente. Les choix de Prim’Finance en la matière ne relèvent pas du hasard. Ses trois fondateurs ont d’abord bénéficié du soutien de leur ancienne maison BNP Paribas Asset Management, actionnaire à 10 %, mais aussi dépositaire et valorisateur de leurs fonds. Le mois dernier, ils ont pris un nouveau virage en cédant la minorité de blocage à Ofi Asset Management. « En prenant un tiers des sièges du conseil d’administration, Ofi a une meilleure visibilité sur notre activité et nous conservons le pouvoir de décision », précise Médéric de Vasselot, PDG de Prim’Finance.

L’opération a en partie contribué à faire passer les capitaux propres de 316.000 à 800.000 euros. Mais elle découle surtout de l’intérêt d’Ofi pour la gestion « Kappa » de Prim’Finance, mariant gestions indicielle et absolue. La boutique avait déjà consenti il y a un an à rebaptiser l’un de ses fonds Ofi Prim’KappaStocks.Ce type d’accord dévoie-t-il le modèle des boutiques ? « La question de leur indépendance porte moins sur la nature de l’actionnariat que sur l’autonomie dans les choix de gestion, souvent davantage encadrés dans les structures importantes », juge Pierre-Ignace Bernard. Fin 2008, à la création de FinanceCom Asset Management, Jean-Marc Divoux, ancien JPMorgan, et Jean-Philippe Scholler, ex-Barclays, n’ont pas hésité à laisser 60 % des parts à leur maison mère, le groupe financier marocain FinanceCom.

D’autres choisissent d’allier leurs boutiques. Pour élargir sa palette de services et être davantage présente à Paris, Ondra Partners, une boutique de F&A créée à Londres fin 2008, vient ainsi de racheter InvestorSight. Bénédicte Hautefort, patronne de cette société de conseil spécialisée dans les relations avec les investisseurs, devient en contrepartie associée d’Ondra. L’histoire de Tobam prouve aussi qu’une alliance peut déboucher sur plus de liberté. Yves Choueifaty, son président, décide de monter son entreprise en 2004, lorsqu’il quitte la direction de Crédit Lyonnais Asset Management après son rachat par Crédit Agricole.

Lehman Brothers lui propose alors de l’aider à monter son activité, qui devient de facto la filiale de gestion de la banque en France. « A l’été 2008, nous étions mûrs pour prendre notre indépendance. Lehman Brothers devait rester actionnaire minoritaire de Tobam, une marque que j’avais déposée dès 2005, et nous accompagner en maintenant les encours d’amorçage investis dans nos fonds pendant au moins encore 18 mois et en nous distribuant, raconte Yves Choueifaty. Malheureusement la faillite de Lehman est intervenue entre-temps. » Tobam aura un an le mois prochain. D’ici là, les douze collaborateurs d’Yves Choueifaty, presque tous des ex-Lehman, en seront eux aussi formellement actionnaires.

L’ex-patron d’UBS France, Dominique Bazy monte avec Pascal Hervé sa structure de conseil en fusions et acquisitions, Barber Hauler Capital Advisers.

Les associés, hébergés dans les locaux de René Ricol (Ricol Lasteyrie), espèrent embaucher une dizaine de banquiers conseils.

Dominique Bazy et Pascal Hervé annoncent la création de Barber Hauler Capital Advisers

Paris, 9 septembre 2009 –Dominique Bazy et Pascal Hervé annoncent aujourd’hui la création de Barber Hauler Capital Advisers, une boutique de conseil financier qui offrira principalement des services de conseils en fusions et acquisitions ainsi qu’en restructurations financières.

La société sera dirigée conjointement par les deux fondateurs qui travaillent ensemble depuis 10 ans. Dominique Bazy a déclaré: “Nous avons commencé à réfléchir à ce que pourrait être Barber Hauler après nous être convaincus que le modèle devait changer, c’est-à-dire il y a déjà quelques années. Nous souhaitons nous focaliser sur les sociétés, les équipes de direction et les fonds de private equity qui recherchent des services sur-mesure en raison de la complexité de leurs situations. Actuellement, conclure une transaction nécessite davantage que de simples compétences techniques, cela demande du talent. Nous espérons que nos clients accueilleront favorablement Barber Hauler et que nous serons en mesure de construire une franchise solide et pérenne en France.

Pascal Hervé a ajouté: “Nous sommes convaincus qu’il y a une voie à creuser en dehors des traditionnelles banques d’investissement. Le secteur doit s’adapter continuellement et changer ses grands schémas directeurs. Les clients ont évolué et ne sont pas prêts à payer pour des armées de banquiers mobilisés sur l’exécution d’une transaction. Ils sont à la recherche d’idées originales et intelligentes, d’une confidentialité absolue et insistent sur une notion aussi fondamentale que celle de l’indépendance. Barber Hauler est mieux à même de répondre à ces exigences que n’importe quelle autre firme sur le marché.”

A propos de Barber Hauler Capital Advisers : Barber Hauler Capital Advisers est une société de conseil financier, indépendante et à capital privé, basée à Paris. Barber Hauler Capital Advisers offre des services sur-mesure dans les domaines des fusions et acquisitions, des restructurations financières et des problématiques stratégiques. Barber Hauler Capital Advisers a été créée en 2009 par deux banquiers d’affaires qui travaillent ensemble depuis l’an 2000. Barber Hauler est composé de professionnels expérimentés et de talent. Pour toute information complémentaire, contacter Barber Hauler :

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